Développement Durable : l’engagement alsacien
Article paru jeudi 3 avril dans le quotidien régional l’Alsace
Un sondage TNS Sofres sur les Français et le développement durable, commandité par la presse quotidienne régionale (PQR), montre qu’en matière de bonnes pratiques, l’engagement des Alsaciens est globalement supérieur à la moyenne du pays.
« La science découvre, l’industrie applique, et l’homme suit » proclamait en 1933 le slogan de l’exposition universelle de Chicago. Aujourd’hui, alors que les changements climatiques font peser de lourdes menaces sur l’avenir de l’humanité, ce modèle n’apparaît plus comme inéluctable. La notion de développement durable, popularisée par le rapport de la commission des Nations-Unies présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland et publié en 1987 sous le titre « Notre avenir à tous », est en passe d’imposer une nouvelle façon de penser le progrès.
« Une idée d’avenir »
Depuis six ans, à l’occasion de la semaine du développement durable -elle a lieu ces jours-ci- le gouvernement français s’efforce de sensibiliser le public et de motiver les changements de comportement. Un appel annuel à la prise de conscience récemment renforcé par le Pacte écologique de Nicolas Hulot, le prix Nobel pour Al Gore et le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat, ou le Grenelle de l’environnement. Parallèlement, à en croire les résultats du sondage TNS Sofres (*), la notion de développement durable semble gagner du terrain dans l’opinion comme le quotidien des Français : pour plus des trois quarts (77 %), il s’agit « d’une idée d’avenir », contre 22 % pour qui il s’agit « d’une idée à la mode ». Les Alsaciens s’inscrivent ici parfaitement dans la moyenne. Comme l’ensemble des Français, ils perçoivent avant tout le développement durable comme « la préservation de l’avenir des générations futures » (86 %) et « la préservation de l’environnement et des ressources naturelles » (79 %). Des composantes comme l’équilibre social, le développement économique et commercial, ne sont cités respectivement que par 18 et 13 % des Français (16 et 12 % des Alsaciens).
Alimentation bio, produits toxiques : des efforts à fournir
Les enjeux environnementaux tiennent le haut du pavé, focalisant prioritairement l’attention des citoyens : le sondage livre sur ce point leur niveau de participation active à la protection de l’environnement à travers toute une série de petits gestes quotidiens qui portent notamment sur le tri des déchets, les sacs plastiques, les économies d’énergie, l’eau potable, etc. (notre infographie). Globalement, on constate qu’un Français sur deux déclare avoir définitivement intégré un certain nombre de bonnes pratiques. Le sondage identifie toutefois des domaines dans lesquels des efforts restent à fournir. C’est le cas de l’utilisation de la voiture (notre infographie) mais aussi de la consommation des produits bio : seulement 8 % des Français (11 % des Alsaciens) assurent « en manger systématiquement même s’ils coûtent plus cher ». Une minorité également, soit 35 % des Français (39 % des Alsaciens), reconnaît « utiliser systématiquement moins de produits toxiques comme les aérosols ou les engrais chimiques ».
Des Alsaciens moins enclins au boycott
L’enquête révèle également que les consommateurs ne semblent pas encore avoir réalisé qu’ils pouvaient former, quand la situation l’exige, un efficace groupe de pression collectif en boycottant, par exemple, les entreprises qui polluent et ne respectent pas les réglementations en matière de protection de l’environnement (notre infographie). Dans ce domaine, on découvre que les Alsaciens sont parmi les moins téméraires : 18 % déclarent le faire régulièrement, sinon systématiquement, contre 26 % pour l’ensemble des Français. Au final, TNS Sofres a pondéré l’ensemble des résultats afin d’établir un tableau mesurant l’implication des particuliers : 36 %, soit un peu plus d’un tiers, sont considérés comme des citoyens engagés. Les disparités régionales restent assez marquées : en Bourgogne et Languedoc-Roussillon, on dénombre 47 % d’engagés (42 % en Alsace). Quatre régions, Ile de France, PACA, Corse et Centre, sont lanternes rouges avec un niveau d’engagement estimé à 31 %.
Xavier Thiery
- Sondage réalisé pour la presse quotidienne régionale dans le cadre de son étude nationale de mesure d’audience. Enquête par téléphone du 7 janvier au 3 mars 2008 auprès d’un échantillon national de 4 667 personnes âgées de 15 ans ou plus. Pour l’Alsace, l’échantillon pondéré représente 139 individus, soit 3 % de l’effectif total sondé.
Édition du Jeu 3 avril 2008










